Modules dada, les endimanchés, La parole errante demain.
REPRISE DU 25 OCTOBRE AU 4 NOVEMBRE 2018

Modules dada est une tentative d’historiographie du mouvement dada et de ses arrière-plans politiques. De cette toile de fond, se détachent quelques figures saillantes comme celles de Hugo Ball, de Pierre Kropotkine, de Lénine, de Karl Liebknecht et Rosa Luxembourg, de Raoul Haussmann, Richard Huelsenbeck ou encore celle d’Henri Lefebvre. Le projet se situe dans une perspective de démystification de l’agitation dadaïste au regard d’une certaine épaisseur de l’histoire et tente d’opérer certains décloisonnements chronologiques, historiques, etc. Notre objectif inspiré par le travail de Greil Marcus, est de jeter des ponts sauvages entre les époques, les potentialités subversives, entre les musiques alternatives, entre l’histoire politique et l’histoire du punk ou de la musique dite industrielle, genre hybride entre la musique électronique, l’avant-garde et le rock.

Changer la vie/

Que fait-on avec les cendres de ces mouvements d’avant garde? Du terreau, de l’humus, les laisse-t-on en jachère ou les jette t-on définitivement dans les poubelles de l’histoire?

Il s’agit pour nous de confronter ou de juxtaposer des documents paradoxaux, des hypothèses contradictoires, des situations discordantes et d’envisager des prolongements inattendus relativement à ce qui apparaît comme un certain héritage consacré ; vaste questionnement sur l’inoffensivité de l’art en des temps d’intensification des conflits et du politique. Et paradoxalement sur la récupération par la production artistique de ces remous de l’histoire.

Modules dada expérimente en tâtonnant cette possible ressaisie des arrière-fond de l’histoire politique vus à travers le prisme de l’avant-garde et des bouleversements esthétiques d’alors.

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Les endimanchés, notamment depuis la Quincaillerie – lieu de vie, d’accueil, d’affinités politiques et de complicité musicales -, tentent d’expérimenter certaines formes d’hospitalité et de transversalité, ce qui leur donne le sentiment d’une proximité et de connexions vives, possibles, avec le projet de La parole errante demain, une sorte de reconnaissance instinctive de ce qui nous relie communément au présent.

Comment se départir des cases et positions qui nous sont assignées en tant qu’artistes, ne pas être transformés aussitôt en « producteurs de marchandise culturelle », ou en tant que lieux en dehors des logiques d’institutionnalisation …

Comment sortir des circuits habituels de diffusion assujettis aux logiques communicationnelles aliénantes, aux paradigmes en vigueur dans les lieux de culture, etc.

Nous envisageons cette reprise de Modules dada comme un geste, une impulsion pour rejoindre le projet de la parole errante demain et comme une tentative de s’y inscrire dans une dynamique d’échange, dans un mouvement horizontal de partage et de réciprocité. Il s’agira pour nous de ré-ouvrir les questionnements, de scruter les doutes, de sillonner les différents plans que porte en lui le spectacle, avec de nouveaux regards, et potentiellement de nouvelles complicités.

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