Modules dada
(création 2017)

Visuel Module dada

Dates

  • Du 12 au 15 décembre 2017 : Nouveau Théâtre de Montreuil - CDN
  • Les 6 et 7 décembre 2017 à la Fonderie - Le Mans
  • Le 31 mai 2017 à La Filature, Scène Nationale – Mulhouse
  • Du 14 au 18 février 2017  au Théâtre Dijon Bourgogne - CDN
  • Du 26 janvier au 2 février 2017 , création au Théâtre Vidy Lausanne

(tournée 2017-2018 en construction)

Voici comment en 1913, se présentent le monde et la société : la vie a été aliénée, inextricablement et totalement. Il règne une sorte de fatalisme économique attribuant à chacun, qu’il le veuille ou non, une fonction précise et, par là, des intérêts allant jusqu’à déterminer son caractère. [...] Peu importe comment nous en sommes arrivés à cette situation —, elle est ce qu’elle est et personne ne saurait s’y soustraire. Les perspectives, en cas de guerre par exemple, ne sont pas réjouissantes. [...] Mais la question la plus profonde et la plus brûlante qui se pose, nuit et jour, est bien celle-ci : existe-t-il quelque-part une puissance assez forte et surtout assez vivante, pour abolir cet état de fait ? [...] Ce qu’il faut c’est une ligue de tous ceux qui ne veulent pas être soumis à ce mécanisme : une façon de vivre qui résiste à l’utilitarisme. L’amour orgiastique pour tout ce qui est inutilisable et inexploitable.

Hugo Ball, La Fuite Hors Du Temps, Journal 1913-1921

Dans le désastre de la Première Guerre mondiale, des passagers clandestins de la bonne ville de Zurich, débarqués de Suisse, France, Allemagne, Angleterre ou Roumanie, trouvent refuge dans le troquet d’une rue obscure et fondent ensemble ce qui prit le nom de Dada. Ils nient tout d’un bloc : le passé, son récit et ses valeurs qui menèrent à la boucherie des tranchées, le futur plus ou moins idéalisé qui fait accepter un présent médiocre et toute forme de soumission. Avec Dada, l’art devient une affaire quotidienne et immédiate : tout se joue dans l’instant, dans la rencontre, entre humour et cynisme, mystification et libertinage, inventivité et esprit libertaire. Etre artiste de sa propre vie, c’est alors ne pas refaire et ne pas prévoir, ne pas admettre et ne pas promettre.

En trois chapitres, l’artiste et musicien Alexis Forestier relie les inventions formelles aux utopies politiques de l’époque : la relation de Hugo Ball, éminent poète et musicien Dada, avec Kropotkine, théoricien russe de l’anarchisme qui participa activement à la prise de conscience de la condition ouvrière dans le Jura suisse. Puis Dada et Lénine, la rencontre qui n’eut pas lieu, alors que Lénine en exil vivait à quelques pas du Cabaret Voltaire. Et finalement Dada à Berlin, simultanément à la révolution spartakiste. Entre démarche archéologique et déchiffrement historico-politique, Alexis Forestier explore la riche inventivité formelle de Dada, attentif à son étrangeté irréductible, ses récupérations, ses prolongements et ses échos dans la vie artistique et politique contemporaine, rendant compte alors de la brève et interminable histoire de Dada.

Eric Vautrin, Théâtre Vidy Lausanne, janvier 2017

Crédits

Mise en scène, scénographie, montage de textes et collage musical : Alexis Forestier
Lumière : Perrine Cado
Son : Jean-François Thomelin
Avec la complicité de : Bruno de Coninck

Avec : Clara Bonnet, Jean-François Favreau, Alexis Forestier,  Itto Mehdaoui, Barnabé Perrotey

Avec les textes de : Hugo Ball, Franz Kafka, Arthur Cravan, Eric Vuillard, Kropotkine, Raoul Hausmann, Henri Lefebvre, Lénine, Soljenitsyne, Dominique Noguez, Greil Marcus, Richard Huelsenbeck, Marcel Janco, Emile Szittya, Tristan Tzara, Heiner Müller Marcelo Tari, Walter Mehring, Paul Mattick.

Avec les musiques de : Benzo, Bélibaste de Cocagne (le cercle des mallissimalistes), John Cage, Coil, the Cramps, CYCLIKWEETOS, Einstürzende Neubauten, Enzo del Re, Le death to mankind, le dernier cri, DIRTY Beaches, Bruno Fleurence, HANSEN WINDISCH, KLEENEX, Krinator, Annabelle Playe, Residents, Meurtre, Les morts vont bien, NO NECK BLUES BAND, Point invisible, Martin Rev, Pierre Schae er, Shetahr, THE SKATERS, Skeletons, Karlheinz Stockhausen, Throbbing Gristle, Tomutonttu, Usé, Pierre Veyser, Franck Vigroux, X Ray Spex, Zga, DTM, Blood Stereo (remerciements à Alexis Cailleton)

Remerciements à : Matthieu Bony et Fabrice Ravenet pour la construction

Production : compagnie les endimanchés
Coproduction : Théâtre Dijon Bourgogne - CDN et Théâtre Vidy Lausanne
Avec le soutien de : La Fonderie - le Mans, la quincaillerie - les Laumes, l’Usine - Toulouse Métropole